Louis MONNIER Faculté de médecine, Université de Montpellier
La diabétologie dite de « précision », prônée par certains, est trop théorique car les regroupements de patients en « clusters », qui lui servent de base, sont fondés sur des index tels que les HOMA-B et IR peu fiables au niveau individuel. En revanche, on peut déplorer l’absence de certains critères fondamentaux : facteurs génétiques, complications, perturbations lipidiques et tensionnelles. Dès lors, il n’est pas étonnant que les propositions d’une « thérapeutique de précision » basée sur des critères mal ciblés n’aient conduit qu’à des truismes du style : insuliner les patients ayant des signes manifestes d’insulinodéficience et prescrire de la metformine en première intention à tous les autres. En termes de précision, on aurait pu s’attendre à mieux. Plutôt que d’échafauder des « usines à gaz », pourquoi ne pas utiliser des approches simples et pragmatiques parmi lesquelles figurent les préparations injectables hebdomadaires actuelles (analogues du GLP-1) et à venir (insulines basales hebdomadaires, le très prometteur tirzépatide et enfin leurs potentielles co-formulations). Appliquées au diabète de type 2 insulino- nécessitant, qui touche en France plus d’un demi-million de personnes, ces « one shot weekly therapies » devraient réduire les contraintes du traitement, en sachant qu’il faut toujours adapter au patient diabétique des recommandations de bon sens, souples et flexibles plutôt que d’adapter le patient à des recommandations théoriques, complexes et rigides.